Structure du danzón et du cinquillo
Forme, rythme et héritage africain dans la danse nationale de Cuba
Anatomie musicale3 min de lecture12 citations
Le danzón est le genre et la danse officiels de Cuba, et il perdure comme une forme musicale vivante au sein des communautés latino des États‑Unis et de Porto Rico.[1] Placé en mesure 2/4 et exécuté à un tempo lent et formel, il s’agit d’une danse de couple marquée par une retenue disciplinée : les couples enchaînent des pas prescrits autour des accents syncopés de la musique, puis interrompent avec des pauses élégantes, restant sur place pour écouter une ensemble charanga ou típica dérouler des passages instrumentaux virtuoses.[2]
De la contradanza au danzón
Le danzón descend de la contradanza cubaine — appelée sur l'île la danza, danza criolla ou contradanza criolla — une réinterprétation hispano‑américaine de la contredanse qui avait balayé l’Europe du XVIIIᵉ siècle, passant de la country dance anglaise aux salons de la cour française ; à l’étranger, la même forme circulait sous le nom d’habanera, la « danse de La Havane », un nom que les Cubains eux‑mêmes n’ont adopté qu’après son succès international ultérieur et que ses propres créateurs n’avaient jamais employé.[3] Au sein de la Cuba du XIXᵉ siècle, la contradanza s’est mûrie en un genre majeur — considérée comme la première musique notée construite rythmiquement sur un motif africain, et la première danse cubaine à gagner une renommée à l’étranger — même si, transportée à travers l’hémisphère, elle s’est installée dans des variantes folkloriques qui subsistent encore en Bolivie, au Mexique, au Venezuela, en Colombie, au Pérou, au Panama et en Équateur.[4] La danse européenne était arrivée sur l’île par les colons espagnols, qui ont régné sur Cuba pendant près de quatre siècles (1511–1898) et ont amené plusieurs milliers d’immigrants ; la brève occupation britannique de La Havane en 1762 a peut‑être favorisé son arrivée, et les réfugiés haïtiens fuyant la révolution de 1791–1804 ont transporté un kontradans franco‑haïtien qui a ajouté sa propre syncopation créole.[5]
L'héritage rythmique africain
Ce qui distinguait la musique qui en résultait était une véritable fusion de la forme européenne avec le rythme africain : parmi les traits africains absorbés dans le danzón figurent en premier lieu les contre‑rythmes instrumentaux complexes exprimés à travers les cellules décalées de cinquillo et de tresillo, les figures sur le contre‑temps dont le genre tire son caractère syncopé.[6] Un tel superposition appartient à une sensibilité plus large des Caraïbes et de l’Amérique latine, documentée par les étudiants de la musique cubaine, dans laquelle les musiciens et les danseurs maintiennent trois ou quatre rythmes simultanés sans jamais décomposer le pouls sous‑jacent.[7] L’ethnographe Fernando Ortiz a présenté cet ensemble de répertoire — les tangos, habaneras, danzones, sones et rumbas qui ont afflué de La Havane depuis le XVIᵉ siècle — comme une création mulâtre, son énergie extraordinaire et son originalité nés de la rencontre entre l’Europe et l’Afrique sur le sol cubain.[8]
Cristallisation et héritage
Le danzón s’est cristallisé en un genre à part entière d’ici 1879, lorsque la première à Matanzas de « Las alturas de Simpson » de Miguel Failde a marqué son arrivée.[9] À partir de ce moment il a interagi avec les idiomes cubains ultérieurs tels que le son et, par le biais du danzón‑mambo transitionnel, s’est avéré décisif dans la formation du mambo et du cha-cha-chá.[10] La contradanza, ancêtre du danzón, est également considérée comme une progénitrice du mambo et du cha-cha-chá, ayant transmis le rythme caractéristique de l’habanera et la convention des paroles chantées au répertoire cubain plus large.[11]
Références
- 1.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, intro
- 2.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, intro
- 3.Contradanza - Wikipedia — en.wikipedia.org, intro
- 4.Contradanza - Wikipedia — en.wikipedia.org, Cuba 19th century
- 5.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, origins
- 6.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, origins
- 7.Polyrhtythmia in the Music of Cuba — Tania Vicente León, Diagonal An Ibero-American Music Review, 2016, p.1
- 8.Polyrhtythmia in the Music of Cuba — Tania Vicente León, Diagonal An Ibero-American Music Review, 2016, p.1
- 9.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, history
- 10.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, history
- 11.Contradanza - Wikipedia — en.wikipedia.org, Cuba 19th century
- 12.Danzón - Wikipedia — en.wikipedia.org, 1879 / legacy
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Bailar Editorial Team. (2026). Structure du danzón et du cinquillo. Bailar Biblioteca. Récupéré le July 5, 2026, depuis https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/danzon/musical-anatomy/danzon-structure-and-the-cinquillo
Bailar Editorial Team. “Structure du danzón et du cinquillo.” Bailar Biblioteca, 2026, getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/danzon/musical-anatomy/danzon-structure-and-the-cinquillo. Consulté le 5 July 2026.
Bailar Editorial Team. “Structure du danzón et du cinquillo.” Bailar Biblioteca. Consulté le July 5, 2026. https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/danzon/musical-anatomy/danzon-structure-and-the-cinquillo.
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Rédacteur en chef : Paul Thomas Plawin
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