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Latin trap et la deuxième vague

La deuxième génération urbaine de Porto Rico et la mondialisation du reggaeton

Ère moderne5 min de lecture15 citations

Latin trap occupe la charnière entre la première ascension commerciale du reggaeton et sa mondialisation du XXIe siècle, un sous-genre portoricain du trap qui a absorbé les rythmes du reggaeton et du dembow après s'être formé sur l'île au début des années 2010.[1] Le situer nécessite de rappeler l'ancestrie du reggaeton, une musique née du dancehall jamaïcain et qui a rassemblé des éléments de hip‑hop, d'Amérique latine et des Caraïbes, tandis que ses vocalistes alternaient entre le toast, le rap et une livraison mélodique mêlant rap et chant.[2] Le groupe souvent décrit comme la « deuxième vague » comprend des artistes urbains dont les carrières ont débuté une fois que le reggaeton avait atteint une large accessibilité mondiale, une circonstance qui les distingue nettement de la génération fondatrice du genre.[3] Là où les pionniers construisaient des publics au sein des Caraïbes hispanophones et de leur diaspora, la deuxième vague a hérité des plateformes de streaming et d'un auditoire mondial, et cette économie de l'attention modifiée a remodelé à la fois le son et l'auto‑présentation de ses figures de proue.

La recherche sociolinguistique a rendu la division générationnelle exceptionnellement concrète. Une étude sociophonétique portant sur huit reggaetoneros masculins d'origine portoricaine a constaté que la latéralisation du /ɾ/ final de syllabe et de mot en [l], longtemps considérée comme une marque du espagnol portoricain, se retrouve plus fréquemment chez les interprètes contemporains tels que Bad Bunny et Ozuna que chez les figures antérieures comme Daddy Yankee et Nicky Jam.[3] La même analyse a observé que les artistes dont les carrières précédaient la consommation mondiale du reggaeton semblent avoir réduit leur usage du [l], un effort apparent pour distinguer leurs enregistrements des jeunes interprètes, tandis que les titres les plus récents affichent les taux les plus élevés de cette caractéristique.[4] Le variant fonctionne ainsi comme une revendication audible d'appartenance portoricaine, et son déploiement stratégique marque la confiance de la deuxième vague à projeter une identité ethnonationale sur un marché mondial plutôt qu'à la faire taire.

Ozuna illustre l'ampleur commerciale atteinte par cette génération. Le chanteur de San Juan, reconnaissable à son timbre vocal exceptionnellement aigu, a commencé à publier de la musique en 2012 et a connu son déclic en 2016 en tant qu'invité sur « La ocasión », un single collaboratif organisé par DJ Luian et Mambo Kingz aux côtés de De La Ghetto, Arcángel et Anuel AA.[5] En quelques années, il avait vendu plus de quinze millions d'exemplaires, recueilli des distinctions Billboard et Latin Billboard ainsi que des records Guinness, et a été inscrit sur la liste annuelle de Time des cent personnes les plus influentes en 2018, une trajectoire qui illustre la rapidité avec laquelle un artiste de la deuxième vague pouvait passer d'une diffusion locale à une reconnaissance mondiale.[6]

Si Ozuna montre l'étendue, Bad Bunny illustre les politiques de genre contestées du genre. Les travaux universitaires sur le Latin trap précoce soutiennent que ses interprètes afrodiasporiques grand public cultivent une virilité hyperbolique, projetant une masculinité orientée vers la violence, la conquête sexuelle et la richesse ostentatoire à travers les paroles, les vidéos et les réseaux sociaux.[7] Dans ce domaine, une analyse du discours des esthétiques de camp de Bad Bunny soutient que son individualité exagérée révèle comment la naturalité de la masculinité hégémonique est elle‑même fabriquée, même si la même performance renforce les limites qu'elle expose.[8] Cette lecture place le Latin trap moins comme une idéologie figée que comme une scène où des modèles concurrents de virilité sont mis à l'épreuve, une flexibilité qui aide à expliquer la mutation stylistique rapide du genre.

La frontière entre le Latin trap et le reggaeton demeure un sujet de débat parmi les auditeurs et les critiques. Certains soutiennent que le rythme sous‑jacent tranche la question, affirmant qu'un beat de reggaeton rend une piste reggaeton quel que soit ses autres caractéristiques.[9] D'autres insistent sur la continuité avec le répertoire caribéen plus ancien, notant que de nombreuses chansons de Latin trap et de reggaeton citent ou samplent des enregistrements de salsa et de bachata, replaçant la deuxième vague dans des traditions qui le précèdent de loin.[10] Ces définitions qui se chevauchent reflètent une musique en flux, dont les praticiens empruntent librement entre les registres urbains et folkloriques.

La réception a été, en conséquence, divisée. Les critiques ont averti que l'américanisation du Latin trap et du reggaeton risque de produire des arrangements formulaïques, avec des publics dansant sur des pistes construites par des machines qui recyclent des structures et des mélodies familières.[11] Pourtant, le catalogue a continué de s'élargir, avec des playlists de compilation rassemblant de nouveaux noms tels qu'Omar Courtz, Young Miko, Eladio Carrión et Sech aux côtés d'étoiles établies, preuve d'un répertoire qui se renouvelle constamment plutôt que d'un canon fermé.[12] Les enquêtes académiques, quant à elles, ont lu à la fois le reggaeton et le Latin trap à travers des cadres de subjectivité décoloniale, considérant les artistes portoricains présents sur les services de streaming comme des porteurs d'une politique autant que d'un son.[15]

La traction gravitationnelle de la deuxième vague s'est étendue bien au‑delà de ses praticiens principaux. Des figures pop établies ont traversé l'idiome, comme lorsque la chanteuse hispano‑mexicaine Belinda, longtemps présentée comme une princesse de la pop latine, a expérimenté le reggaeton parmi plusieurs autres styles pendant une période d'environ une décennie à partir de 2013.[13] Les courants subséquents, y compris l'hybride parfois appelé reggaeton tumbado, ont été présentés comme des vagues supplémentaires portant leur propre charge sociale et politique, suggérant que la lignée que le Latin trap a contribué à inaugurer continue de se ramifier.[14] Pris ensemble, ces développements placent le Latin trap et sa deuxième vague comme un pivot dans l'histoire de la musique urbaine latine, le moment où une innovation régionale portoricaine est devenue un vocabulaire lisible à l'échelle mondiale.

Références

  1. 1.Bad Bunny's blend of Latin Trap and Reggaeton Comes ...musicorigins.org
  2. 2.Reggaeton - Wikipediaen.wikipedia.org
  3. 3.Yo soy de p fkn rDerrek Powell, Borealis – An International Journal of Hispanic Linguistics, 2022
  4. 4.Yo soy de p fkn rDerrek Powell, Borealis – An International Journal of Hispanic Linguistics, 2022
  5. 5.OzunaWikipedia contributors, Wikipedia
  6. 6.OzunaWikipedia contributors, Wikipedia
  7. 7.Bad Bunny’s Transgressive Gender Performativity: Camp Aesthetics and Hegemonic Masculinities in Early Latin TrapLuis Enrique Rivera Figueroa, Journal of Latin American Communication Research, 2021
  8. 8.Bad Bunny’s Transgressive Gender Performativity: Camp Aesthetics and Hegemonic Masculinities in Early Latin TrapLuis Enrique Rivera Figueroa, Journal of Latin American Communication Research, 2021
  9. 9.Are "Latin trap" and "Reggaeton" interchangeable terms?www.reddit.com
  10. 10.Latin trap and reggaeton music sharing?www.facebook.com
  11. 11.Latin Trap and Reggaeton Are Becoming Americanized. It's ...djbooth.net
  12. 12.Latin Trap Exitos | Omar Courtz, Sech, Bad Bunny, Young ...www.youtube.com
  13. 13.BelindaWikipedia contributors, Wikipedia
  14. 14.Reggaeton Tumbado: A New(ish) Latin Musical Wave & Its ...mijente.net
  15. 15.analyzing decolonial subjectivities in reggaeton and latin-trapdsc.duq.edu

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Bailar Editorial Team. (2026). Latin trap et la deuxième vague. Bailar Biblioteca. Récupéré le July 5, 2026, depuis https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/reggaeton/modern-era/latin-trap-and-the-second-wave

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Bailar Editorial Team. “Latin trap et la deuxième vague.” Bailar Biblioteca, 2026, getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/reggaeton/modern-era/latin-trap-and-the-second-wave. Consulté le 5 July 2026.

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Bailar Editorial Team. “Latin trap et la deuxième vague.” Bailar Biblioteca. Consulté le July 5, 2026. https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/reggaeton/modern-era/latin-trap-and-the-second-wave.

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Rédacteur en chef : Paul Thomas Plawin

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