Le mythe de la capitale mondiale de la salsa à Cali dans une perspective académique
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À la fin des années 1990, la salsa était devenue une forme culturelle transnationale dont la circulation était étudiée davantage à travers ses réseaux mobiles que par une quelconque revendication urbaine singulière de primauté [1]. Les chercheurs de la danse soulignent que la notion d'« capitale mondiale » fixe masque la fluidité des performeurs, enseignants et publics qui traversent les frontières, une perspective articulée par une ethnographie multi‑site dans des villes européennes et La Havane [1]. Cette orientation met en avant la mobilité, le genre et la race comme prismes analytiques, positionnant ainsi le mythe d'une capitale unique comme un trope populaire contesté plutôt que comme un consensus académique [1]. La littérature qui en résulte considère la salsa comme un ensemble de mobilités entremêlées plutôt que comme une hiérarchie géographique statique [1].
Les mobilités entremêlées, telles que définies par Menet, décrivent la façon dont les mouvements intimes genrés et ethniquement marqués sur la piste de danse intersectent les trajectoires transfrontalières des professionnels de la salsa et de leurs étudiants [1]. L'auteur montre que les pratiques corporelles genrées sont indissociables des schémas migratoires des danseurs, produisant une chorégraphie du pouvoir qui voyage parallèlement à la musique [1]. En retraçant ces schémas, l'étude révèle comment l'affect racialisé circule conjointement à la chorégraphie, remettant en cause l'idée qu'une ville puisse encapsuler l'identité évolutive du genre [1]. De plus, la recherche souligne que le centre imaginaire de la salsa est continuellement renégocié à travers ces flux transnationaux [1]. Ce cadre analytique problématise ainsi l'étiquetage simpliste de tout lieu comme capitale définitive [1].
Le circuit transnational se manifeste également dans les itinéraires professionnels des musiciens de salsa, dont les carrières sont façonnées par des performances dans des clubs, festivals et rassemblements informels à travers les continents [1]. Les entretiens avec les danseurs révèlent que l'avancement professionnel dépend souvent de la capacité à naviguer entre plusieurs contextes culturels, un processus qui à la fois soutient et reconfigure la diversité stylistique de la salsa [1]. Cette mobilité engendre un répertoire partagé qui est simultanément localisé et global, renforçant l'idée que la vitalité de la salsa repose sur sa diffusion en réseau plutôt que sur un épicentre monolithique [1]. En conséquence, le mythe d'une capitale mondiale unique est relégué à la périphérie analytique au profit d'une compréhension plus nuancée du dynamisme migratoire de la salsa [1]. Cette perspective s'aligne sur la recherche plus large sur la musique et la migration qui privilégie le mouvement plutôt que la géographie statique [1].
Parallèlement, le contenu lyrique des enregistrements de salsa offre un aperçu des récits genrés qui voyagent avec la musique. César Colon Montijo analyse la version 1973 d'Ismael « Maelo » Rivera de « Mi jaragual » comme une incarnation textuelle de masculinités précaires ancrées dans la propriété foncière, la famille et la souveraineté hétéropatriarcale [2]. La représentation de la vie agraire et de l'autorité masculine dans la chanson illustre comment la salsa peut coder des idéaux patriarcaux tout en reflétant simultanément la violence coloniale [2]. Montijo soutient que de telles représentations fonctionnent à la fois comme un renforcement des hiérarchies genrées et comme une forme de résistance culturelle dans le contexte plus large des Caraïbes [2]. En situant ces thèmes lyriques dans la circulation transnationale de la salsa, les chercheurs relient le contenu idéologique de la chanson aux schémas migratoires plus étendus du genre [1]. Cette connexion souligne que le récit de la capitale mythique doit être lu conjointement aux dimensions genrées et racialisées intégrées dans la musique elle‑même [2].
Comparativement, bien que le discours populaire célèbre fréquemment Cali comme la « capitale mondiale de la salsa », les investigations académiques privilégient l'échange fluide de danseurs, de répertoires et d'idéologies à travers de multiples sites [1]. L'accent mis sur les mobilités entremêlées suggère que toute revendication de primauté singulière néglige les processus complexes et transfrontaliers qui soutiennent la résonance globale de la salsa [1]. Ainsi, le mythe d'une capitale fixe est mieux compris comme un récit culturel qui coexiste avec, mais ne domine pas, les comptes rendus scientifiques du dynamisme transnational de la salsa [1]. En mettant en avant la mobilité, le genre et la race, les chercheurs offrent une image plus exhaustive de la manière dont la salsa continue d'évoluer au‑delà des frontières de toute ville [1].
Références
- 1.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020
- 2.Mi Jaragual: Masculinidade precária,soberania e farmacolonialidade aural na salsa de Ismael “Maelo” Rivera — César Colon Montijo, Revista ECO-Pós, 2020
- 3.Mi Jaragual: Masculinidade precária,soberania e farmacolonialidade aural na salsa de Ismael “Maelo” Rivera — César Colon Montijo, Revista ECO-Pós, 2020, abstract
- 4.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020, abstract
- 5.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020, abstract
- 6.Mi Jaragual: Masculinidade precária,soberania e farmacolonialidade aural na salsa de Ismael “Maelo” Rivera — César Colon Montijo, Revista ECO-Pós, 2020, abstract
- 7.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020, abstract
- 8.Mi Jaragual: Masculinidade precária,soberania e farmacolonialidade aural na salsa de Ismael “Maelo” Rivera — César Colon Montijo, Revista ECO-Pós, 2020, abstract
- 9.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020
- 10.Bogotá — Wikipedia contributors, Wikipedia
- 11.The Tropical Gothic and Beyond: El Grupo de Cali’s Legacies for Contemporary Latin American Literature, Cinema, and Culture — Felipe Gómez Gutiérrez, eTropic electronic journal of studies in the tropics, 2019
- 12.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020
- 13.Entangled Mobilities in the Transnational Salsa Circuit — Joanna Menet, 2020
- 14.Escenarios de no-guerra: el papel de la música en la transformación de sociedades en conflicto — Juan David Luján Villar, Revista CS, 2016
- 15.Escenarios de no-guerra: el papel de la música en la transformación de sociedades en conflicto — Juan David Luján Villar, Revista CS, 2016
- 16.2. Devils, Witches, and Narco-Monsters — Alexander Huezo, 2025, p. 57
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Bailar Editorial Team. (2026). Le mythe de la capitale mondiale de la salsa à Cali dans une perspective académique. Bailar Biblioteca. Récupéré le July 5, 2026, depuis https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/salsa/cultural-context/cali-world-capital-of-salsa-myth
Bailar Editorial Team. “Le mythe de la capitale mondiale de la salsa à Cali dans une perspective académique.” Bailar Biblioteca, 2026, getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/salsa/cultural-context/cali-world-capital-of-salsa-myth. Consulté le 5 July 2026.
Bailar Editorial Team. “Le mythe de la capitale mondiale de la salsa à Cali dans une perspective académique.” Bailar Biblioteca. Consulté le July 5, 2026. https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/salsa/cultural-context/cali-world-capital-of-salsa-myth.
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Rédacteur en chef : Paul Thomas Plawin
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