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Ibrahim Ferrer : le troubadour de Buena Vista

Le doux sonero qui trouva la célébrité mondiale à soixante-dix ans avec le Buena Vista Social Club

Pionniers3 min de lecture2 citations

L’histoire d’Ibrahim Ferrer est l’une des plus improbables de la musique moderne : celle d’un chanteur cubain retraité, cirant des chaussures pour joindre les deux bouts, qui devint une vedette internationale à l’âge de soixante-dix ans. Sa voix chaude et douce — celle d’un chanteur naturel de son, qui aspira toujours à fredonner des boleros — fit de lui le troubadour du Buena Vista Social Club.[1]

L’apprentissage d’un orphelin

Ibrahim Ferrer naquit le 20 février 1927, lors d’un social à San Luis, près de Santiago de Cuba — né, de manière appropriée, dans la musique elle-même.[1] Orphelin à douze ans après la mort de sa mère, il chanta dans les rues pour survivre et forma bientôt son premier groupe, un duo avec un cousin appelé Jóvenes del Son.[1]

En 1953, il rejoignit l’orchestre de Pacho Alonso à Santiago ; en 1959, le groupe s’installa à La Havane et prit le nom de Los Bocucos, d’après un tambour de Santiago.[1] Pendant des décennies, Ferrer fut l’homme qui chantait les sones ardents et les guarachas qui faisaient danser les foules — mais son rêve intime demeura toujours le tendre bolero.[1] Il prit sa retraite, apparemment pour de bon, en 1991.[1]

Buena Vista et la célébrité mondiale

En mars 1996, le guitariste Ry Cooder et le producteur Nick Gold réunirent à La Havane une distribution de musiciens cubains vétérans pour les séances qui devinrent le Buena Vista Social Club.[1] Ferrer fut tiré de sa retraite presque par hasard — et sa voix devint l’une des sonorités définissant le projet, aux côtés de celle d’Omara Portuondo.[1]

L’album et le documentaire de Wim Wenders firent des vieux musiciens des célébrités mondiales. En 1999, Ferrer publia son premier album solo, Buena Vista Social Club Presents Ibrahim Ferrer — enfin rempli des boleros qu’il avait toujours voulu chanter — et en 2000, à soixante-douze ans, il remporta le Latin Grammy du meilleur nouvel artiste, un titre à la fois absurde et parfait pour un homme qui chantait depuis soixante ans.[1]

Pourquoi il importe

Ibrahim Ferrer importe parce qu’il incarna à la fois la profondeur de la tradition cubaine du son et sa redécouverte tardive et triomphale. Accompagnateur pendant toute une vie, il portait l’histoire de cette musique dans sa voix ; enfin placé sous les projecteurs, il révéla un interprète d’une tendresse et d’une grâce rares. Il parcourut le monde en tournée jusqu’à peu avant sa mort, le 6 août 2005 à La Havane, ayant prouvé que le son — et une voix patiente et belle — pouvait conquérir le monde un demi-siècle après son âge d’or.[2]

Références

  1. 1.Ibrahim FerrerWikipedia, 2026
  2. 2.Cuba and Its Music: From the First Drums to the MamboNed Sublette, Chicago Review Press, 2004

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Bailar Editorial Team. (2026). Ibrahim Ferrer : le troubadour de Buena Vista. Bailar Biblioteca. Récupéré le July 5, 2026, depuis https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/son-cubano/pioneers/ibrahim-ferrer

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Bailar Editorial Team. “Ibrahim Ferrer : le troubadour de Buena Vista.” Bailar Biblioteca, 2026, getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/son-cubano/pioneers/ibrahim-ferrer. Consulté le 5 July 2026.

Chicago

Bailar Editorial Team. “Ibrahim Ferrer : le troubadour de Buena Vista.” Bailar Biblioteca. Consulté le July 5, 2026. https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/son-cubano/pioneers/ibrahim-ferrer.

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Rédacteur en chef : Paul Thomas Plawin

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